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Naïve maison d'artistes

Sergey Khachatryan

Sergey Khachatryan

Classique - Violon

Né en 1985 à Erevan (Arménie), Sergey Khachatryan remporte en décembre 2000 le Premier Prix du huitième Concours international Jean Sibelius. Cinq ans plus tard, il se distingue à nouveau premier du prestigieux Concours international Reine Elisabeth de Bruxelles.

Sergey Khachatryan se produit en soliste dans un large répertoire, qu’il joue avec les meilleurs orchestres du monde : le Berliner Philharmoniker, le London Philharmonic Orchestras, le London Symphony Orchestra, le Philharmonia Orchestra London, le New York Philharmonic, le Boston Symphony, le San Francisco Symphony, les Philadelphia et Cleveland Orchestra, le Royal Concertgebouw Orchestra, le Munich Philharmonic et le NHK Symphony de Toyko.

Ces collaborations le mènent à jouer sous la baguette des plus grands chefs : Kurt Masur, Valery Gergiev, Bernard Haitink, Christoph von Dohnányi, James Conlon, Michael Tilson Thomas, Daniel Harding et Jukka-Pekka Sarasate, Charles Dutoit, Gustavo Dudamel et Gianandrea Noseda.

La scène internationale accueille également Sergey Khachatryan en récital avec sa soeur Lusine Khachatryan – Wigmore Hall de Londres, Carnegie Hall de New York, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Alte Oper de Frankfort, Concertgebouw d’Amsterdam, Théâtre des Champs-Élysées de Paris, ainsi que les villes de Madrid, Tokyo, Séoul, San Francisco, Hambourg et Dublin.

En tant que vainqueur du Concours Reine Elisabeth 2005, Sergey Khachatryan joue un Stradivarius Lord Newlands de 1702 prêté par la Nippon Music Foundation.
 

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MY ARMENIA

composé par Lusine et serguey Khachatryan

Sergey Khachatryan - Sergey Khachatryan

Classique - 11/09/2015

  1. 1.  Krunk | The Crane (Arr. by S. Aslamazian)
  2. 2.  Tsirani Tsar | The Apricot tree (Arr. by A. Gabrielian)
  3. 3.  Manushaki
  4. 4.  Yerangi
  5. 5.  Unabi
  6. 6.  Marali
  7. 7.  Shushiki
  8. 8.  Het u Aradj (Back and Forth)
  9. 9.  Shoror
  10. 10.  Garun-a | It is spring (for piano solo) (Arr. for piano solo by R. Andreasian)
  11. 11.  Rhapsody
  12. 12.  Nocturne
    • 13.  Introduction & Perpetuum mobile
  13. voir les 13 titres

Comme pour chaque autre peuple, l’espace dans lequel la culture musicale arménienne s’est développée correspond à l’espace d’essor de la nation elle-même. On convient aujourd’hui largement, en se basant sur la science, que les origines du peuple arménien remontent au deuxième millénaire avant Jésus Christ.
L’histoire de la culture musicale arménienne peut être divisée en deux grandes
catégories : la musique traditionnelle et la musique artistique. Jusqu’au milieu du XIXème siècle, la musique traditionnelle arménienne était monodique dans son ensemble. La culture musicale arménienne monodique peut à son tour être divisée en trois grandes
catégories : la musique populaire traditionnelle, la musique traditionnelle professionnelle, connue comme étant l’art des Gusans ou Aschughens (équivalent arménien des troubadours), et enfin la musique artistique professionnelle moyenâgeuse, musique spirituelle ou art vocal religieux arménien.
Au milieu du XIXème siècle apparaissent les premières oeuvres musicales artistiques de compositeurs arméniens. Dans la seconde moitié de ce siècle, les bases et spécificités de la musique artistique arménienne commencent à gagner en importance, libérée de l’influence européenne et renforcée par le biais de l’affirmation de l’indépendance
arménienne. Ces problèmes touchant la culture arménienne ont été résolus pour de bon par Komitas Vardapet, qui a fait de la musique traditionnelle et de la musique
religieuse arméniennes la base même de la musique artistique arménienne. Komitas Vardapet (1869 – 1935) est donc considéré comme le fondateur de l’école de compositeurs nationale arménienne.
Komitas Vardapet (son nom de religieux; il s’appelait civilement Soghomon
Soghomonian) était compositeur, musicien, ethnologue, spécialiste de la musique,
pédagogue, chef de choeur, chanteur et poète. Il a été formé au séminaire géorgien d’Edchmiatzin (le siège du chef de l’église arménienne). Il a ensuite étudié de 1896 à 1900 à Berlin au conservatoire Richard Schneider et à l’université impériale Friedrich Wilhelm
(aujourd’hui université Humboldt). Il est l’un des fondateurs de la branche berlinoise de la société internationale de musicologie. A Berlin, Paris, ou encore Viennes, il se produit plusieurs fois dans le cadre de concerts et de conférences scientifiques. En 1915 commence le génocide arménien et Komitas Vardapet est déporté avec un groupe d’intellectuels arméniens d’Istanbul vers le désert syrien. Par le biais de l’intervention d’artistes étrangers et de grands intellectuels il échappe à la déportation; mais peu de temps après, les abominations, dont il fut le témoin durant sa déportation et qu’il
ressentit de tout son corps, devinrent les déclencheurs d’une crise décisive. Il meurt en 1935 à Paris.
Komitas Vardapet réussit à non seulement faire progresser la recherche scientifique autour de la musique arménienne dans son cadre artistique, mais également à former la pensée musicale des Arméniens – en particulier, en ce qui concerne l’harmonie et la linéarité des voix; ces deux points étaient jusqu’alors l’apanage des traditions populaires arméniennes, également dans la mesure où elle s’est assouplie avec les apports européens de musique artistique. Considérés sous cet angle, les accords de Komitas Vardapet et l’introduction de polyphonies paraissent tout à fait innovants, bien qu’ils soient au sens fort propres à l’Arménie du point de vue de la musique européenne contemporaine de Komitas Vardapet. Voilà pourquoi son oeuvre, du point de vue des musiciens européens, était si estimé. Le rôle que Komitas Vardapet joue dans l’histoire du peuple arménien est donc, entre autres, également excellent, car il a intégré la
musique arménienne au paradigme des nations.
Les Arméniens apprécient particulièrement les nombreuses réécritures de la chanson « Krunk » (« La grue »). C’est un exemple de ballade moyenâgeuse, collectée et travaillée par Komitas Vardapet; elle est considérée par toute la diaspora arménienne comme un symbole du mal du pays. Les danses au piano prennent également une grande place dans l’oeuvre que Komitas Vardapet a laissé derrière lui. Sa dernière rédaction marque la fin de son activité de composition (1916). Ce cycle combine des danses collectées aux quatre coins de l’Arménie, il s’agit d’une suite arménienne pour piano. Après Komitas Vardapet, une série de compositeurs se fait connaître dans
différents styles et genres de musique artistique arménienne. Citons parmi ces compositeurs Alexandre Spendiarian (1871 – 1928), Romanos Melikian (1883 – 1935) et Aram Khatchatourian (1903 – 1978). Khatchatourian est l’un des grands compositeurs du XXème siècle et le fondateur de la plus récente école de compositeurs arménienne. Il a étudié à Moscou à l’académie technique de musique Gnessine puis au conservatoire Tchaïkovski. Il était compositeur, professeur de musique et chef d’orchestre.
Tandis qu’apparaissent les bases de la musique artistique arménienne, Komitas
Vardapet a attribué une grande importance, parmi les différentes branches de la
musique arménienne traditionnelle, en particulier aux chansons villageoises et
paysannes; en ce qui concerne la musique, Khatchatourian au contraire fait des
traditions urbaines et de l’art vocal des Aschughens (comparables aux ménestrels
occidentaux) dans leurs différentes acceptions un thème important. Il n’est donc pas surprenant que « Poème-chanson » (1929) pour violon et piano soit consacré aux
Aschughens. Il était alors encore étudiant. La musique d’Aram Khatchatourian est une synthèse organique de musique orientale et de la riche tradition musicale occidentale, en particulier les exemples les plus réussis d’une telle combinaison, qu’on trouve dans les morceaux des années 1920.Son oeuvre, qui combine plusieurs genres, est
habituellement répartie en différentes triades : triades des trois symphonies, des trois ballets (dont le premier, « Le Bonheur », retravaillé plus tard dans le ballet « Gajaneh »; le
troisième est « Spartacus »), des trois concerts instrumentaux et des trois rhapsodies pour instrument solo et concert. A la fin de son oeuvre apparaissent les trois sonates pour instruments à cordes solistes (écrites en 1974 et 1976). La seconde symphonie, le concert pour violons et orchestre, ainsi que le ballet « Spartacus » sont particulièrement connus. Bien que le sujet du ballet « Gajaneh » (ou « Gayaneh », 1942) soit la vie dans un village de l’Arménie soviétique et ait quelques éléments typiques de la musique de
ballet de l’époque, les bases musicales sont avant tout nationales. Avec ce ballet
classique, Aram Khatchatourian parvient à combiner stances populaires et tradition contemporaine de ballet; c’est pourquoi « Gajaneh » est considérée comme la première oeuvre du genre ballet provenant de l’école de compositeurs arménienne.
Dans l’oeuvre symphonique du compositeur, les suites pour orchestre accompagnant les ballets jouent également un rôle important. Elles font partie de plusieurs réécritures pour différents ensembles de chambre, dont la version pour violons et piano. De là proviennent également les morceaux « Uzundara » ou la « Danse des Sabres ». La dernière en
particulier est la création la plus célèbre de Khatchatourian dans le monde. Aram Khatchatourian passe donc également pour être le fondateur de la nouvelle musique artistique
arménienne, dans la mesure où il a créé un nouveau style. La génération du milieu du XXème siècle, une génération arménienne de compositeurs très vivante sont parties des bases qu’il a posé.
L’un des esprits les plus brillants de la génération de compositeurs suivante est Arno Babadjanian (1921 – 1983). Avec Alexandre Harutiunian, Ghazaros Sarian, Edouard Mirzoyan et Adam Chudoian, il représente cette génération de compositeurs arméniens du milieu du XXème siècle.
Il a étudié au conservatoire d’Erevan, il joint de plus le studio musical qu’est la « Maison de la culture arménienne » à Moscou, ainsi que le conservatoire de Moscou (comme pianiste). Il a composé des oeuvres dans des genres différents. Son oeuvre majeure est la « Ballade héroïque » pour piano et orchestre. Sa sonate pour violons et piano ainsi que ses trois quartets pour cordes sont également connus. Arno Babadjanian était
également un pianiste virtuose, et ses compositions au piano occupent une place
centrale dans son oeuvre – on peut citer la « Sonate polyphonique », la « Ballade
héroïque » ou « Poème ».
Dans la seconde moitié du XXème siècle, un renouveau de la musique artistique s’opère, revenant ainsi aux critères d’avant-garde du début du siècle – en particulier des
particularités stylistiques comme le phrasé. Cela se traduit également dans l’oeuvre de Babadjanian. Les « Six images » (1964) composées pour le piano, est un cycle de
morceaux dans lequel on peut clairement observer l’approche de la seconde école
viennoise influençant les bases de la musique arménienne, donnant naissance à une oeuvre des plus originales. «La danse héroïque » va particulièrement dans ce sens.
Dans l’oeuvre d’Arno Babadjanian la musique populaire occupe aussi un espace
important. Les morceaux les plus joués et les plus appréciés à l’époque soviétique sont d’Arno Babadjanian. Edouard Mirzoian (ou Mirzoyan, 1921 – 2012), un bon ami de Babadjanian, appartient à la même génération de compositeurs en Arménie. Il a étudié au conservatoire d’Erevan et dans le studio musical, relié à la « Maison de la culture arménienne » moscovite. Il a durant de longues années mené l’alliance des compositeurs arméniens (1958 – 1991). Il s’est tourné vers la pédagogie et vers la composition au conservatoire Komitas Vardapet d’Erevan. Le quartet de cordes « Thème avec variations » prend une place importante dans son oeuvre, ainsi que, entre autres, sa symphonie pour cordes et timbales. Avec Edouard Mirzoian, comme avec Komitas Vardapet, Khatchatourian et bien d’autres compositeurs arméniens, il s’agit souvent de mélodies populaires revisitées. On peut trouver de telles réécritures dans son quartet pour cordes, ses symphonies et d’autres de ses oeuvres. Dans l’oeuvre d’Edouard Mirzoian on sent avant tout l’influence du XXème siècle et du néoclassicisme, mais avec un style tout arménien. La musique de chambre –soit entre autres la sonate pour violoncelle et piano ou « Poème » pour piano –est le genre le plus commun dans l’oeuvre de Mirzoian « Introduction et Perpetuum mobile » pour violons et orchestre (1957, retravaillée plus tard pour violons et piano).
Un autre représentant de l’école de compositeurs arménienne du milieu du XXème siècle est Edouard Baghdassarian (1922 – 1987). Il a étudié la composition et le piano au conservatoire national Komitas Vardapet d’Erevan et a parfait sa formation au au studio musical rattaché à la « Maison de la culture arménienne » moscovite. Il s’est occupé d’enseignement musical et était un pianiste virtuose.
Baghdassarian a composé dans plusieurs genres. Ses oeuvres les plus connues sont son cycle de 24 préludes pour piano, sa sonate pour clarinette et piano ainsi que
« Rhapsodie » pour violons et orchestre (1957). Dans ses oeuvres des dernières années, il joue des interprétations personnelles des méthodes de composition d’Aram
Khatchatourian tout en accentuant des éléments repris de la musique arménienne. C’est également valable pour des compositions pour violons et piano. Dans le répertoire arménien pour violon, « Nocturne » pour violons et piano est très populaire.


MHER NAVOYAN

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